Centraliser les opérations chirurgicales de l’œsophage et du pancréas sauvera des vies

Geplaatst op 17 décembre, 2018 om 03:05

Les hôpitaux qui souhaitent encore pouvoir effectuer des interventions chirurgicales complexes de l’œsophage et du pancréas devront pratiquer un nombre minimal d’opérations par an. C’est ce qu’a décidé la ministre de la Santé publique, Maggie De Block. « Les faits parlent d’eux-mêmes : plus l’expertise d’un hôpital en matière de traitement du cancer de l’œsophage et du pancréas est élevée, plus le patient a de chances de voir réussir son traitement », a déclaré la ministre De Block. « Cette mesure sauvera des vies. »

Selon une étude menée par la Fondation Registre du Cancer, les chances de survie en cas de cancer de l’œsophage ou du pancréas sont nettement plus élevées dans les hôpitaux qui pratiquent au moins 20 opérations par an (voir cadre ci-dessous). Or, jusqu’à présent, chaque hôpital en Belgique était autorisé à proposer ces traitements. Conséquence : l’offre est morcelée et deux tiers des patients souffrant d’un cancer de l’œsophage ou du pancréas sont traités dans un hôpital qui n’atteint pas du tout le seuil des 20 interventions par an.

Maggie De Block, ministre de la Santé publique, met désormais fin à ce problème. À partir du 1er juillet 2019, seuls les hôpitaux qui pratiquent au moins 20 opérations par traitement et par an pourront encore proposer des interventions chirurgicales dans le cadre d’un cancer de l’œsophage ou du pancréas. Ainsi, la ministre souhaite pouvoir garantir aux patients qu’ils seront soignés par une équipe ayant suffisamment d’expérience. Le but est de rehausser davantage ce seuil minimal afin d’améliorer la qualité des soins aux patients.

Convention avec l’INAMI

Les hôpitaux qui souhaitent proposer des interventions chirurgicales au niveau de l’œsophage et/ou du pancréas devront conclure une convention spécifique avec l’INAMI. Pour chacun de ces traitements, ils devront avoir pratiqué au moins 20 interventions en 2016, 2017 ou 2018. À la demande de la ministre De Block, le Comité de l’assurance de l’INAMI a approuvé aujourd’hui, le 17 décembre 2018, les conventions relatives aux interventions chirurgicales de l’œsophage et du pancréas.

Les centres de référence devront élargir leur taux de capacité pour qu’ensemble, ils soient en mesure d’accueillir tous les patients souffrant d’un cancer de l’œsophage et du pancréas. Afin d’éviter qu’entre-temps ces patients ne se retrouvent sur une liste d’attente, les hôpitaux pourront collaborer entre eux. Ils devront alors arriver à 20 interventions collectives par an. Pour cela, ces hôpitaux devront toutefois respecter la condition de centraliser leur offre dans un seul et même hôpital d’ici le 1er janvier 2020.  Les hôpitaux qui répondent déjà aux critères et ceux qui souhaitent établir des liens de collaboration entre hôpitaux pourront introduire leur dossier jusqu’au 31 mars 2019 auprès de l’INAMI.

Les centres en chiffres

Sur les 52 hôpitaux ayant pratiqué des interventions chirurgicales de l’œsophage en 2016 ou en 2017, 4 hôpitaux atteignent le minimum de 20 interventions par an : 2 en Flandre, 1 en Wallonie et 1 à Bruxelles. Grâce aux éventuels liens de collaborations, ce montant pourrait passer à un total de 8 centres.

Sur les 55 hôpitaux ayant pratiqué des interventions chirurgicales du pancréas en 2016 ou en 2017, 8 hôpitaux en tout atteignent le seuil minimal de 20 opérations : 5 en Flandre, 3 en Wallonie et 2 à Bruxelles. Des liens de collaborations permettraient de faire passer ce montant à 14 centres au total.

Quantité plus qualité

Actuellement, c’est le volume minimal qui est surtout accentué. Cependant, au moment d’évaluer les conventions, les variables de résultat, telles que le taux de mortalité postopératoire, seront également prises en compte.

La ministre Maggie De Block : « Il est en effet important d’atteindre un volume minimal pour pouvoir acquérir une expertise suffisante. Mais ce n’est pas parce qu’un centre a suffisamment de volume qu’il dispose automatiquement d’une qualité suffisante. C’est pourquoi, lors de l’évaluation des conventions, les résultats du traitement seront également pris en compte. Les données de chaque centre seront publiées, car le patient a droit à ces informations. »

Autres cancers complexes

La centralisation des soins oncologiques complexes dans un nombre limité de centres de référence est un élément important issu de la réforme du paysage hospitalier menée par la ministre Maggie De Block. Étant donné qu’une étude détaillée à ce sujet avait déjà été menée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé, les interventions chirurgicales de l’œsophage et du pancréas sont passées en premier. Ce même exercice se fera à présent pour d’autres cancers complexes (par ex. le cancer du poumon ou les cancers de la tête et du cou), et ce, toujours sur la base de preuves scientifiques.

Taux de mortalité postopératoire

En ce qui concerne le cancer de l’œsophage, 3,9 % des patients en moyenne décèdent dans les 30 jours suivant l’intervention et 9,3 % dans les 90 jours. Or, dans les centres pratiquant au moins 20 interventions par an, ces taux respectifs s’élèvent à 1,3 % et 5,2 %. C’est ce qu’a révélé une étude de la Fondation Registre du Cancer pour la période 2008-2015. En ce qui concerne les interventions chirurgicales du pancréas, le taux de mortalité moyen s’élève pour cette période à 3,9 % après 30 jours et 7,8 % après 90 jours, contre 1,7 % et 5,6 % dans des centres pratiquant un minimum de 20 interventions par an.