De Block veut une politique européenne de l’asile plus forte

Geplaatst op 28 mars, 2019 om 09:46

Dans le cadre de la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne, la ministre de l’Asile et de la Migration, Maggie De Block, a tenu mardi un discours devant les 27 ambassadeurs européens. Elle plaide pour une approche européenne plus forte. La ministre propose notamment d’accueillir les réfugiés dans la région proche des territoires conflictuels et demande une juste répartition des efforts au sein de l’UE.

« Il n’y a que comme cela que nous pourrons aborder la question de l’asile sur le fond et lutter contre la migration illégale. C’est la seule manière de maintenir la zone de libre circulation de Schengen et de tenir les réfugiés hors de l’emprise des trafiquants d’êtres humains », insiste la ministre.

Dans son discours, Maggie De Block constate que l’approche européenne actuelle de la migration n’atteint pas son but. La politique est fragmentée, ce qui cause souvent un déplacement du problème vers les pays voisins. Cela crée des tensions et met la zone de libre circulation de Schengen sous pression. C’est pourquoi De Block plaide pour une politique européenne de l’asile forte et uniforme. Cela signifie que les états membres de l’UE devraient davantage se montrer prêts à réaliser certaines choses ensemble.

Centres d’accueil à proximité des territoires conflictuels

Dans son discours, De Block a tracé quelques lignes sur ce à quoi devrait ressembler à terme cette nouvelle approche européenne de la politique de l’asile. La ministre plaide pour investir dans de bonnes procédures d’asile et dans l’accueil des réfugiés à proximité des territoires conflictuels. (85 % des réfugiés cherchent en effet un accueil dans leur région.) Les expériences de l’accord avec la Turquie doivent être améliorées et étendues à dans d’autres pays du pourtour méditerranéen, où les réfugiés sont accueillis et où leur demande d’asile est traitée. « Nous devons faire en sorte que cela n’ait plus de sens de tenter la traversée », explique De Block.

Les frontières avec l’Europe doivent de plus être renforcées. « Nous évitons ainsi que les gens ne doivent risquer leur vie ou faire appel à des passeurs pour atteindre l’Europe. Nous donnons aussi un signal clair qu’entrer illégalement en Europe n’a aucun intérêt », selon De Block.

Une plus juste répartition des charges

La ministre veut également une répartition plus juste des charges, par laquelle les demandeurs d’asile sont répartis entre tous les pays de l’UE en tenant compte de la taille et de la richesse de chaque état membre. « Notre pays a lui-même tout à gagner avec une meilleure approche européenne. Avec plus de 23.000 demandes d’asile en 2018, nous supportons une charge relativement importante. L’Italie, par exemple, a compté 56.000 demandes, alors que le pays est cinq fois plus grand », dit De Block.

En échange de cette plus grande solidarité, la ministre demande des règles plus strictes : l’état membre à qui le demandeur d’asile est attribué est responsable pendant huit ans. La personne concernée ne peut demander l’asile dans aucun autre état membre. Cela doit permettre de lutter contre la ‘migration secondaire’ – par laquelle les gens continuent leur voyage vers un autre pays de l’UE pour y demander l’asile.
Pour rendre cela possible, De Block veut que les coûts de la migration soient payés par des budgets européens. « Les états membres qui participent à cette nouvelle approche et assument leur part de responsabilité recevront des moyens européens supplémentaires. Les états membres qui le refusent recevront moins d’argent de l’UE. »

À problème international, approche internationale

De Block est convaincue que seule une approche européenne, où une solidarité plus importante est intimement liée à une responsabilité plus grande, peut mener à une meilleure approche de la question de l’asile. « L’approche fragmentée de la problématique de l’asile menée actuellement cause des problèmes. La migration est un phénomène international et c’est pour cela qu’une approche internationale est nécessaire. C’est un rôle important à jouer par l’Union européenne. »