Les médicaments contenant du cannabis: au final, qu’est-ce qui a changé ?

Geplaatst op 23 septembre, 2019 om 14:59

Les pharmaciens peuvent vendre des médicaments contenant du cannabis. C’est ce que nous pouvions lire la semaine passée dans les journaux. Mais est-ce que cela signifie pour autant que le cannabis est maintenant disponible dans les rayons des pharmacies ?

Les médicaments contenant du cannabis peuvent améliorer de manière significative la qualité de vie chez certains patients. Pensons par exemple aux personnes chez qui le traitement médicamenteux en cours ne soulage pas suffisamment la douleur.

C’est pour cette raison qu’en 2015, nous avons fait le nécessaire pour que les médecins puissent enfin prescrire ces médicaments. A présent, nous faisons en sorte que les pharmaciens puissent également préparer eux-mêmes des médicaments à base de cannabis. 

Avancée historique
En 2015, l’avancée était historique. Auparavant, les médicaments contenant du cannabis étaient interdits dans notre pays. Depuis lors, les docteurs peuvent les prescrire à certains patients.

A côté des médicaments classiques « préemballés », les médecins peuvent également prescrire des préparations magistrales à base de poudre de cannabis ou poudre CBD ;  il s’agit de préparations que le pharmacien prépare lui-même. Pour ces préparations magistrales, le nouveau cadre réglementaire n’offrait cependant pas directement les résultats escomptés.

Prescription possible, délivrance non
Une lecture stricte de l’arrêté royal de 2015 débouchait sur un paradoxe. Les médecins pouvaient prescrire des préparations à base de cannabidiol mais les pharmaciens ne pouvaient pas les délivrer. En effet, le cannabidiol peut contenir des quantités minimes de tétrahydrocannabinol ou THC. Et du fait que cette substance psychoactive est interdite dans notre pays, le cannabidiol était donc également interdit dans la pratique.

Avec pour conséquence que les patients qui recevaient une prescription pour une préparation magistrale à base de poudre CBD devaient se rendre à l’étranger pour l’obtenir. Evidemment ce n’était pas du tout le but.

Solution : seuil pour le THC
Ensemble avec l’Agence fédérale pour les Médicaments et les Produits de Santé (AFMPS), nous avons élaborer une solution pour ces patients qui souvent souffrent énormément. A savoir permettre que la poudre CBD puisse contenir une quantité infime de THC, maximum 0,005%. Et permettre ainsi à nos pharmaciens de délivrer des préparations magistrales à base de poudre CBD, sur prescription d’un médecin, aux patients – et en même temps de garantir la sécurité de ces patients. 

Pas des bonbons
Ces dernières années, nous avons engrangé des avancées dans notre pays en ce qui concerne le cannabis médicinal. Mais cela ne signifie pas pour autant que désormais « tout est permis » : à l’instar des autres médicaments, les médicaments et les préparations magistrales à base de cannabis ne sont pas des bonbons. Les normes sévères en matière de sécurité, de qualité et d’efficacité existent pour une bonne raison : c’est la santé publique qui est en jeu.

C’est également pour cette raison que le cannabis destiné la production ou la préparation de médicaments doit être contrôlé de manière stricte et cultivé dans des conditions standardisées. En effet, ce n’est qu’ainsi que l’on peut avoir la garantie que la composition de la matière première est toujours la même. Et c’est uniquement ainsi que le patient peut avoir des garanties par rapport à son traitement. C’est aussi pourquoi nous avons donné il y a quelque temps notre feu vert pour la création d’un bureau national du cannabis. Il permettra de légaliser la production de cannabis à des fins thérapeutiques et de veiller de manière stricte avec l’AFMPS, aux normes de sécurité et de qualité.