Les ministres de la Santé publique lancent la réforme des soins pour les malades chroniques

Geplaatst op 02 février, 2016 om 16:40

Selon la dernière Enquête de Santé de l’Institut Scientifique de Santé Publique, 2.5 millions de personnes, soit 28,5 % des personnes âgées de plus de 15 ans, sont atteintes d’une maladie de longue durée, d’une affection ou d’un handicap. Un million d’entre elles bénéficient du statut de malade chronique à l’INAMI. Plus la population vieillit, plus ce chiffre augmente.

Être atteint d’une maladie chronique représente une lourde charge et des frais élevés pour le patient ainsi que pour son entourage. Aujourd’hui, les ministres de la Santé publique au niveau fédéral et au niveau des entités fédérées ont présenté une nouvelle vision sur les soins intégrés pour les patients souffrant de maladies chroniques. L’objectif est triple : offrir une meilleure qualité de vie aux patients et aux aidants proches, et donc mieux satisfaire les patients, utiliser les moyens existants de manière plus efficace et faire en sorte que la population vive plus longtemps en bonne santé.

Un appel à introduire des projets visant à améliorer les soins de santé pour malades chroniques a été lancé.

Les soins intégrés

Le pourcentage de personnes atteintes d’une affection de longue durée augmente fortement en fonction de l’âge. Il s’agit de 9,6 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans, tandis que près de la moitié des plus de 75 ans sont concernés (48,8 %).  Suite au vieillissement de la population, de plus en plus de patients chroniques souffrent de plusieurs maladies ou de plusieurs affections à la fois.

Maggie De Block, ministre fédérale de la Santé publique : “L’amélioration des soins pour les malades chroniques est l’une des lignes directrices de ma politique. Je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour soigner au mieux ces patients. Voilà pourquoi une réforme s’impose. Ainsi, nous arriverons à maîtriser ces coûts immenses, faute de quoi la situation sera intenable pour notre système de sécurité sociale.”

Jo Vandeurzen, ministre flamand du Bien-être, de la Santé publique et de la Famille. « L’évolutionvers un modèleintégré de soins, où les soinsetle bien-êtreunissent leurs forces, est inscrite dans lesdifférentstrajets de réformesflamands. Cette initiative conjointeles renforcera encore davantage.   »

Tous les ministres de la Santé publique, tant au niveau fédéral qu’au niveau des entités fédérées, ont élaboré une nouvelle vision sur les soins pour patients chroniques, dans laquelle on met l’accent sur les soins intégrés. Le rapport n° 190 du Centre fédéral d’Expertise relatif à l’organisation des soins pour malades chroniques a servi de fil conducteur dans cette politique de réforme.                                             …

« L’augmentation de la prévalence des maladies chroniques constituant un véritable enjeu de santé publique, nous avons approuvé le Plan Conjoint en faveur des malades chroniques. L’exécution de ce Plan se concrétise aujourd’hui sous la forme de projets-pilotes qui visent le développement de soins intégrés. Nous devons donc œuvrer pour le décloisonnement des prises en charges, ne pas élaborer des plans par maladie spécifique et aller davantage vers des modèles intégrés centrés sur les besoins du patient. Ce dernier doit être considéré comme l’auteur principal et les prestataires doivent s’appuyer sur sa capacité de prendre sa santé en main (empowerment). Nous espérons que des projets innovants pourront émerger dans une Wallonie également compétente en la matière.» déclare Maxime Prévot, ministre wallon de la Santé.

Didier Gosuin, Ministre bruxellois de la Santé : « A Bruxelles, 24,6% des Bruxellois, et 54,5% des Bruxellois âgés de plus de 75 ans, déclarent souffrir d’une maladie chronique. Saisissons cette opportunité pour tester des nouveaux modèles innovants lors de cet appel à projets pilotes. C’est l’occasion d’être créatif, innovant et entreprenant. Mais c’est aussi l’occasion de favoriser une prise en charge plus intégrée des patients en les associant dans le développement des projets, au même titre que tous les acteurs de l’aide et des soins ».

Meilleure qualité de vie

La nouvelle politique vise le “triple aim”, c’est-à-dire répondre à un triple objectif : mieux satisfaire les patients car leur qualité de vie s’améliore, utiliser les moyens de manière plus efficace et améliorer la santé publique.

Les prestataires de soins mais aussi les aidants du secteur de l’aide sociale, les organismes assureurs, et les organisations de patients sur le terrain ont été consultés en décembre et en janvier 2015-2016. Il est ressorti de cette consultation écrite et orale que les acteurs de terrain soutiennent la nouvelle approche et que les prestataires de soins sont demandeurs d’une réorganisation des soins intégrés pour les malades chroniques.

Selon les ministres concernés et les acteurs de terrain, les soins intégrés doivent être développés à l’aide des éléments suivants :

  • Des initiatives axées sur le patient. L’organisation des soins doit être adaptée au patient et il est important que le patient soit alors suffisamment informé afin que non seulement ses connaissances, mais aussi ses capacités soient renforcées. Parallèlement à cela, les aidants proches doivent être impliqués dans la prise en charge et soutenus.
  • Une collaboration multidisciplinaire. Lorsque les différents prestataires de soins d’un patient collaborent, la transition d’une hospitalisation vers des soins à domicile se déroule sans aucun problème par exemple. Le patient y gagne et des coûts inutiles peuvent ainsi être épargnés. L’accès au dossier médical électronique du patient est essentiel dans ce cas-ci.
  • La maîtrise de la qualité des soins. Les différents prestataires de soins doivent savoir à quoi ressemble un processus de soins optimal avant de pouvoir répondre aux besoins d’un malade chronique. Il est important qu’ils veillent à la qualité des soins et à la qualité de vie du patient. Une évaluation permanente de la satisfaction du patient et de la qualité des soins de santé est prévue dans ce cadre.
  • L’attractivité de la profession.Les prestataires de soins et d’aide doivent pouvoir compter sur un encadrement adéquat, notamment grâce à l’organisation de formations. Le but est d’arriver à collaborer au travers des différents groupes de professions. Ainsi, les prestataires de soins réaliseront qu’il est important d’avoir une approche innovante et de voir le patient comme un partenaire en matière de soins.

Guide

Lors de la journée d’information du 2 février 2016, le Guide “Des soins intégrés pour une meilleure santé” a été présenté. Un appel à introduire des projets pilotes a également été lancé auprès des prestataires de soins, des organisations de soins et de bien-être et des associations professionnelles.  Ces projets pilotes doivent établir ou tester des concepts ou des modèles innovants en matière de soins intégrés.

Les détails concernant les conditions auxquelles sont soumis les projets sont disponibles sur www.chroniccare.be

Les parties intéressées qui désirent introduire un projet sont priées d’envoyer leur déclaration d’intérêt dans les quatre mois, au plus tard fin mai, au SPF Santé publique à l’adresse mail suivante chroniccare@health.belgium.be

Les candidatures ayant reçu une réponse favorable pourront commencer à réaliser un dossier de projet détaillé. Au cours de cette phase, le gouvernement financera un coordinateur pour les projets sélectionnés et prévoira un accompagnement assuré par des coaches spécialisés en matière de changement de processus de soins. Par ailleurs, le gouvernement apportera un soutien méthodologique afin d’analyser les caractéristiques des malades chroniques dans la région du projet en question.