Soins sur mesure pour les détenus avec une problématique de drogues

Geplaatst op 04 octobre, 2018 om 17:22

Maggie De Block, ministre de la Santé publique, a dégagé des moyens fin de l’année dernière pour offrir un accompagnement sur mesure aux détenus avec une problématique de drogues. À cette fin, trois projets pilotes ont été lancés : dans les prisons de Saint-Gilles/Berkendael, Hasselt et Lantin. Entre-temps, ils sont pleinement opérationnels.

La ministre De Block : “La prise en charge des détenus avec une problématique de drogues doit être améliorée. Grâce à un accompagnement sur mesure, nous pouvons prévenir de nombreux problèmes de santé ou y remédier. Un bon encadrement peut également alléger la pression sur le personnel pénitentiaire et, apporter l’aide appropriée augmente également les chances de réussite de réintégration. Sur la base de ces projets et de leur évaluation, nous pourrons développer un meilleur modèle de prise en charge pour toutes nos prisons. »

Des soins adaptés

Dans l’intervalle, du personnel de santé supplémentaire a été recruté dans chacune des trois prisons et le personnel de soins et le personnel pénitentiaire déjà présent a reçu une formation supplémentaire afin que les détenus ayant un problème de drogue puissent recevoir un accompagnement plus adapté. De plus, les détenus font désormais l’objet d’un dépistage systématique de leur consommation de drogue dès leur arrivée afin de pouvoir les guider plus rapidement vers l’aide appropriée, si nécessaire. Les prestataires de soins impliqués à l’intérieur et à l’extérieur des murs de la prison sont également en contact étroit les uns avec les autres, ce qui contribue à assurer la continuité des soins.

Trois ASBL spécialisées dans le traitement de la toxicomanie apportent leur soutien dans ce domaine : iCare (Saint-Gilles/Berkendael), CAD Limburg (Hasselt) et Fédito Wallonne (Lantin). Le SPF Santé publique gère les trois projets, en concertation avec le SPF Justice et la cellule politique de la ministre De Block. La ministre a affecté au total 1,4 million d’euros à la supervision des trois projets.

Risques sanitaires et de sécurité

Malgré les efforts quotidiens des prestataires de soins et les nombreux efforts de la Justice, la consommation de drogues et de médicaments dans nos prisons belges reste élevée. Cette situation n’est pas saine, tant au sens propre qu’au sens figuré. Puisque la consommation de drogues comporte divers risques pour la santé et peut faire pression sur la sécurité dans une prison. Selon des études internationales récentes, 20 à 45 pourcents des détenus consommeraient des drogues illicites en prison, avec des chiffres très similaires en Belgique.

Lors de la Conférence Interministérielle Santé Publique du 20 novembre 2017, la ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block a proposé de développer un modèle de prise en charge de la consommation de drogues adapté aux détenus. À cette fin, des projets pilotes ont été lancés en décembre 2017 dans les prisons de Saint-Gilles / Berkendael, Hasselt et Lantin. Ceux-ci se dérouleront jusqu’en avril 2020. Grâce aux expériences sur le terrain, un vaste modèle de prise en charge sera développé, comprenant toutes les étapes, du dépistage et de la détection précoces aux entretiens motivationnels et au traitement.