Vers une protection sociale identique pour tous ceux qui travaillent

Geplaatst op 30 avril, 2019 om 16:09

A la veille du 1er mai, jour de la fête du travail, la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), fait une proposition audacieuse pour l’avenir de la sécurité sociale. Elle plaide pour un statut social unique pour les salariés, les indépendants et les fonctionnaires. En outre, elle voit une nouvelle mission pour la sécurité sociale : apporter des réponses au marché du travail en mutation par le biais de la formation.

Sur la base de son expérience en tant que députée et ministre, Maggie De Block a développé une vision à long terme pour notre sécurité sociale. « Notre sécurité sociale a fêté ses 75 ans d’existence cette année. She’s an old lady and needs to be repainted » explique la libérale. « Elle doit vivre avec son temps afin de rester en pleine forme. »

Maggie De Block souhaite que les travailleurs se constituent les mêmes droits à la pension et qu’ils aient droit aux mêmes allocations, qu’ils soient salariés, fonctionnaires ou indépendants. Un statut social unique doit permettre aux gens de changer d’emploi plus facilement. « Le fonctionnaire qui quitte la fonction publique met en jeu sa pension élevée. Il faudrait donc aligner les statuts et que les droits acquis puissent le rester. »

Un deuxième grand chantier de réforme pour la prochaine législature est la refonte du financement de la sécurité sociale. Aujourd’hui, l’Etat tire ses moyens pour les soins de santé, les pensions et les autres allocations principalement du prélèvement des cotisations de sécurité sociale sur les salaires.

Modèle Cappuccino
Maggie De Block milite pour le modèle « cappuccino », une protection sociale qui pourra être bâtie en différentes couches. La première couche est l’assurance de base à laquelle tous les citoyens auraient droit. Cette assurance de base – la tasse de café –  comprendrait le revenu d’intégration, l’assurance maladie et les allocations familiales. A terme, ceux-ci seraient entièrement retirés du système de sécurité sociale et financés par le budget général de l’Etat.

Comme pour un cappuccino, au-dessus de cette assurance de base, viendrait s’ajouter une couche d’expresso. A savoir une couche d’assurance chômage à laquelle seules les personnes qui travaillent auraient droit. Elle comprendrait les allocations de chômage – qui seraient limitées dans le temps -, d’incapacité de travail, aux pensions et à un budget formation.

Le compte formation
«  Le manque de compétences spécifiques constitue le nouveau risque social », estime Maggie De Block. « Les compétences sur le marché du travail évoluent de plus en plus vite. Certains emplois disparaissent et d’autres voient leur contenu changer. C’est pourquoi les travailleurs doivent pouvoir constituer un budget avec lequel ils pourront suivre des formations au cours de leur carrière pendant deux ans au maximum. »

Par-dessus, viendrait s’ajouter une couche d’assurances complémentaires collectives – une fine couche de mousse de lait – comme la pension complémentaire professionnelle. Tout le monde devrait avoir un deuxième pilier de pension d’au moins 3% du salaire brut, estime Maggie De Block. Enfin, les assurances individuelles constitueraient la dernière couche : la poudre de cacao du cappuccino.

L’horizon 2030
Comme l’assurance maladie ne sera plus financée par les cotisations de sécurité sociale mais par le budget général, une marge pourra être dégagée pour diminuer les cotisations.

« Durant cette législature, les cotisations versées par les entreprises en plus du salaire brut ont diminué pour passer de 33 à 25 pourcents. En ne finançant plus les soins de santé par ces cotisations, les cotisations devraient pouvoir encore baisser jusqu’à 20 pourcents », estime la ministre De Block.

L’argent pour l’assurance maladie devra provenir d’une autre source. Maggie De Block est contre de nouvelles taxes. « Si autant de personnes travaillaient dans notre pays qu’aux Pays-Bas, il y aurait 600.000 personnes de plus qui travailleraient » , dit-elle. « L’Etat disposerait de bien plus de revenus et nous pourrions sans problème trouver un équilibre budgétaire. »

En procédant par étapes dans la réforme, nous pourrions, estime-t-elle, éviter une explosion du déficit. Durant la prochaine législature, elle entend déjà franchir une étape importante en revalorisant le statut des indépendants.