Réaction de la Conférence Interministérielle Santé publique à la suite de l’article paru dans The New York Times

Geplaatst op 14 août, 2020 om 14:08

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Le 8 août dernier, The New York Times a publié un article intitulé « When COVID-19 hit, many elderly were left to die ». Le contenu de cet article donne l’impression que les autorités ont donné instructions de ne pas transférer à l’hôpital les patients plus âgés atteints de la covid-19. Cette affirmation est tout à fait fausse. 

Dès lors, nous déplorons la manière pour le moins simpliste dont les auteurs de l’article tirent des conclusions sur la base d’opinions et de témoignages personnels. 

En effet, grâce à l’extension de la capacité hospitalière et au dynamisme et à la flexibilité du personnel soignant, toutes les personnes qui nécessitaient des soins urgents au cours de ces derniers mois ont pu en bénéficier et ce, tant les patients covid-19 que les autres. 

Les médecins n’ont jamais dû choisir entre les patients plus jeunes et plus âgés. Même pendant le pic de la pandémie, le taux d’occupation global maximal des services de soins intensifs dans nos hôpitaux n’a jamais été atteint. 

Un médecin ne peut refuser de traiter un patient qui nécessite des soins médicaux urgents quels que soient sa classe sociale, sa nationalité, ses convictions … ou son âge. Il ou elle est toujours tenu(e) de décider en âme et conscience des soins nécessaires en fonction de l’état de santé du patient. En aucun cas, les autorités ne peuvent, ou souhaitent, changer les choses dans ce domaine. Ni pendant cette crise, ni à l’avenir. 

Les services d’ambulance du système 112 suivent les règles de la régulation médicale, élaborées sous la supervision du SPF Santé publique. Dans ce contexte, ils ne peuvent pas non plus refuser arbitrairement des patients. 

Même pendant la crise sanitaire, chaque médecin dans notre pays a pu décider en toute autonomie d’hospitaliser ou non un patient en tenant compte des souhaits de chaque patient, comme c’est également le cas en temps normal. Certaines associations professionnelles ont, sans instruction des autorités, actualisé ou rappelé leurs « directives pour des bons soins ». Mais là aussi, aucune règle n’a été prévue pour refuser des patients sur la base de l’âge. 

Le fait que les médecins aient dans de nombreux cas décidé d’hospitaliser les patients plus âgés est démontré par les chiffres. En effet, la moitié des patients atteints de COVID-19 hospitalisés entre le 15 mars et le 14 juin 2020 étaient âgés de plus de 70 ans et plus de 30 pourcents d’entre eux étaient âgés de plus de 80 ans.

Malgré le fait qu’aucune instruction n’ait été donnée par les autorités pour refuser des soins hospitaliers à nos aînés, il est possible que des problèmes se soient posés sur le terrain. Si cela a été le cas, alors ils doivent être signalés. Les autorités compétentes examineront ces plaintes et, le cas échéant, interviendront. La Conférence Interministérielle Santé Publique a décidé que les autorités compétentes interrogeront le terrain à ce propos. En outre, elle va également faire effectuer une évaluation indépendante sur les soins hospitaliers dispensés aux personnes âgées pendant la crise de la covid-19.

 

English version

Response of the Belgian Interministerial Conference of Public Health to the The New York Times

On 8 August 2020, The New York Times published the article ‘When COVID-19 hit, many elderly were left to die’. It gives the impression that the government instructed not to bring elderly patients infected with COVID-19 to hospitals. That statement is wrong and we regret the simplistic way in which the authors of the article draw conclusions based on personal testimonies and opinions.

Due to the expansion of the hospital intensive care capacity and the resilience and flexibility of the healthcare personnel, everyone who needed urgent medical care in recent months, has been able to receive it, both COVID-19 and non-COVID-19 patients. Doctors have never had to choose between younger and older patients. Even during the peak of the pandemic, we never reached the maximum intensive care capacity.

We would like to stress that any physician should and could not refuse to treat someone in need of urgent medical care, regardless of social class, nationality, religion… or age.  He or she must always decide in good faith, considering the patient’s wishes, whether the patient is to benefit from admittance to a hospital. Under no circumstances can or will the government change this. Not during this crisis, nor in the future. Some professional associations have updated or revisited, without instruction from the government, their ‘guidelines for good care’. But even then, no rules were provided for refusing patients based on age. Moreover, the ambulance services within the 112-system follow the rules of medical regulation issued by the FOD/SPF Public Health. They, too, are not allowed to simply refuse patients.

On the contrary, doctors often took the decision to admit older patients to a hospital, as the numbers showcase: half of the hospitalized patients with COVID-19 between 15 March and 14 June 2020 were over the age of 70 and more than 30 percent were over 80.

Even though no policy guidelines have been issued by any level of government to refrain elderly people from hospital care, it is still possible that problems have arisen on the ground. If that is the case, they must be duly reported. The competent authorities will then investigate these complaints and, if necessary, act in a timely manner. The Interministerial Conference of Public Health has decided that the competent authorities will survey people on the ground to verify certain allegations made. In addition, the Interministerial Conference Public Health will also order an independent evaluation of hospital care for the elderly during the COVID-19 crisis.